Published by Sherry Cooper
La Banque du Canada a laissé le taux directeur à 2,25 % alors que les conditions financières se sont resserrées, reflétant le bond des rendements des obligations à long terme.
La Banque du Canada laisse de nouveau le taux directeur tel quel, comme prévu
Aujourd’hui, la Banque du Canada a de nouveau maintenu le taux directeur à 2,25 %. Il est à ce niveau depuis octobre 2025. C’est le minimum de la plage que la Banque considère comme un taux neutre, où la politique monétaire n’induit ni expansion ni contraction de l’économie.
Selon l’énoncé de politique de la Banque, « Le conflit qui se poursuit au Moyen-Orient maintient les prix de l’énergie à un niveau élevé. De plus, des nouveaux droits de douane américains et des contre-mesures canadiennes ont été annoncés à la suite de la rupture des négociations commerciales entre les deux pays. Ces deux situations continuent d’évoluer. »
Dans l’ensemble, l’économie mondiale s’est montrée résiliente face aux aléas géopolitiques. En raison des prix du pétrole qui sont encore élevés, tout comme les marges sur les produits énergétiques raffinés, l’inflation demeure forte dans la plupart des pays.
Les conditions financières se sont resserrées depuis juillet. Les rendements des obligations à long terme ont augmenté à l’échelle mondiale, y compris au Canada. Le dollar canadien s’est légèrement apprécié du fait de la faiblesse du dollar américain.
L’économie canadienne s’est considérablement renforcée au T2. La croissance a atteint 3,3 %, alors que les données du T1 ont été révisées à la hausse, passant de −0,1 % à 0,3 %. Même si une partie de la vigueur récente est due à des facteurs temporaires, le redressement de l’activité était généralisé. La consommation a affiché des gains solides. Après plusieurs trimestres de faiblesse, l’activité sur le marché du logement a rebondi. Les exportations et les investissements des entreprises ont fortement augmenté. Les conditions du marché du travail se sont améliorées ces derniers mois, le taux de chômage étant légèrement descendu, à 6,4 % en juillet. Néanmoins, la demande de main-d’œuvre demeure modérée, et les indicateurs laissent croire que l’économie continue d’être en situation d’offre excédentaire.
Dans l’ensemble, les données récentes confortent l’avis du Conseil de direction selon lequel nous assistons à une reprise de l’économie canadienne qui se généralise. Toutefois, l’incertitude est élevée, et les nouveaux droits de douane américains ainsi que les menaces de recours à d’autres mesures pourraient compromettre la durabilité de la reprise.
L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) s’est maintenue autour de 3 % ces derniers mois, principalement en raison des prix plus élevés de l’essence qui persistent. Jusqu’à présent, on voit peu de signes d’une transmission des prix plus élevés de l’énergie à d’autres composantes de l’inflation : si on exclut l’essence, l’inflation s’est établie à 2,2 % et les mesures de l’inflation fondamentale sont restées proches de 2 % en juillet. Cependant, comme le conflit au Moyen-Orient se poursuit et que la réouverture du détroit d’Ormuz a peu progressé, les risques à la hausse entourant les perspectives d’inflation de la Banque ont augmenté. Plus les prix du pétrole et les marges des raffineries resteront élevés longtemps, plus les risques de transmission aux prix d’autres biens et services seront grands. Les nouveaux droits de douane américains et les contre-mesures canadiennes feront également augmenter les coûts de certaines entreprises, et pourraient avec le temps se répercuter sur les prix à la consommation.
« Premièrement, la croissance économique au Canada s’est redressée après avoir stagné dans la dernière année. Ça nous place dans une meilleure position pour affronter les nouveaux défis, affirmait le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, dans le texte préparé d’avance de ses remarques liminaires en conférence de presse. Mais la durabilité du rebond est plus incertaine en raison des nouvelles mesures commerciales américaines. »
Étant donné que l’économie et l’inflation évoluent essentiellement comme prévu dans le Rapport sur la politique monétaire de juillet, le Conseil de direction a convenu de laisser le taux directeur inchangé. Cependant, les risques à la hausse entourant l’inflation ont augmenté, et les nouveaux droits de douane rendent les perspectives de croissance plus incertaines. Le Conseil de direction va évaluer la durabilité du rebond économique et les perspectives d’inflation, et se tient prêt à ajuster la politique monétaire selon les besoins. La Banque reste déterminée à préserver la confiance des Canadiens dans la stabilité des prix pendant cette période de bouleversements mondiaux.
En somme
La Banque du Canada a démontré sa disposition à soutenir l’économie canadienne dans un contexte d’incertitude inédite et de choc pétrolier record. Par ailleurs, le premier ministre Carney s’emploie à diversifier le commerce canadien pour qu’il dépende moins des États-Unis. La stratégie a jusqu’à présent connu un succès remarquable. La diversification des exportations canadiennes prend de l’élan. De plus, les importations de biens viennent moins des États-Unis et davantage du reste du monde.
Nous continuons de croire que la Banque du Canada maintiendra les taux tels quels cette année. Si l’inflation prend de l’ampleur et accélère, des hausses de taux sont possibles, mais ce n’est pas notre prévision de référence. La Banque du Canada sera réticente à resserrer sa politique alors que le marché du logement est faible. L’activité immobilière s’est renforcée depuis mai, mais elle reste timide et les améliorations de l’abordabilité s’atténueront sans doute dans les prochains mois.
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